Par DT Expert · Analyse fondamentale & technique · Juillet 2026
Constructeurs automobiles, valorisation boursière et amplitude des mouvements.
Lequel présente le meilleur profil aujourd’hui ?
Renault présente aujourd’hui le profil le plus sain ; Stellantis reste un pari de retournement, plus risqué mais doté d’un potentiel de rebond supérieur.
Stellantis, géant mondial né de la fusion PSA–FCA, sort d’une année 2025 catastrophique en comptabilité et amorce un « reset » stratégique (plan FaSTLane).
Renault, plus petit et recentré sur l’Europe et l’international (Amérique latine, Corée du Sud, Maroc), affiche des marges solides mais encaisse une lourde perte comptable liée à la sortie de l’alliance Nissan.
I) Volet fondamental
| Indicateur (2025) | RENAULT | STELLANTIS |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 57,9 Md€ (+3 %) | 153,5 Md€ (−2 %) |
| Volumes | 2,34 M (+3,2 %) | ≈ 5,6 M véhicules |
| Marge opérationnelle | 6,3 % | −0,5 % |
| Résultat net (pdg) | −10,9 Md€ (Nissan) | −22,3 Md€ |
| Trésorerie / dette | Nette +7,4 Md€ (record) | Liquid. ind. 46 Md€ |
| Dividende | 2,20 € (~7 %) | Suspendu |
| Capitalisation | ≈ 7,5–8 Md€ | ≈ 14,6 Md€ |
| Stratégie électrique | 14 % groupe · R5 · Ampere | « Reset » · Leapmotor |
Trois fois plus grand par le chiffre d’affaires, Stellantis affiche pourtant une rentabilité négative et un dividende suspendu, quand Renault conserve une marge solide, une trésorerie record et un dividende à ~7 %. Les deux subissent une perte nette, mais de nature très différente : purement comptable et non-cash pour Renault (dépréciation Nissan), opérationnelle et stratégique pour Stellantis (25,4 Md€ de charges).
Le défi commun : électrification et marges
Le secteur partage un même casse-tête : marges structurellement faibles, transition électrique coûteuse et concurrence chinoise agressive. Stellantis a payé cher en 2025 une surestimation du rythme de la bascule vers l’électrique (25,4 Md€ de charges) et pivote vers une offre « multi-énergie » plus prudente, appuyée par Leapmotor. Renault a pris de l’avance : l’électrifié pèse déjà 14 % des ventes du groupe (20 % pour la marque Renault) et la R5 E-Tech est la voiture électrique la plus vendue en France en 2025. Enjeu commun 2026 : défendre les marges face à la guerre des prix.
Points forts / points faibles
| RENAULT | STELLANTIS | |
|---|---|---|
| FORCES |
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| FAIBLESSES |
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Verdict fondamental
Renault a le dossier le plus sain : marges positives, bilan solide, dividende maintenu ; la perte 2025 étant surtout comptable. Stellantis est un pari de retournement : très décoté, fort potentiel si le « reset » réussit, mais sans dividende et avec des fondamentaux encore dégradés.
II) Volet technique
Sur le graphique, les deux titres racontent la même histoire : une tendance de fond baissière, des cours sous leurs moyennes mobiles 50 et 200 jours, et un RSI en zone neutre-basse sans signal de retournement franc. Le consensus des analystes vise toutefois des objectifs nettement au-dessus des cours actuels , d’où l’intérêt de surveiller les supports.
| Niveaux techniques | RENAULT (RNO) | STELLANTIS (STLAP) |
|---|---|---|
| Cours (mi-juil. 2026) | ≈ 27 € | ≈ 4,80 € |
| Tendance de fond | Baissière | Baissière |
| MM 50 j / 200 j | ~28 € / ~31,6 € (sous MM) | 6,12 € / — (sous MM) |
| RSI (14 j) | ≈ 38 (neutre-bas) | Neutre, pas de survente |
| Supports | 25,1 € puis 24,1 € | 4,66 € puis 4,25 € |
| Résistances | 28,9 € puis 29,6 € | 5,91 € puis 6,33 € |
| Objectif consensus | ≈ 33,4 € (+30 %) | ≈ 7,20 € (+45 %) |
Lecture. Stellantis reste sous forte pression vendeuse (MACD négatif) : tant que les 5,91 € ne sont pas repris, le biais reste baissier, avec 4,25 € comme filet. Renault se tient au-dessus de sa zone de support 24–25 € mais bute sous 29 € ; un franchissement rouvrirait la porte vers la MM200 (~31,6 €). Catalyseur à venir : résultats semestriels de Stellantis le 30/07/2026.
En résumé : Renault est le moins dégradé (support qui tient, cible +30 %), tandis que Stellantis est plus cassé mais offre un potentiel de rebond supérieur si un signal de retournement apparaît (cible +45 %).
III) Focus — amplitude des mouvements
L’angle que la plupart des analyses négligent : plutôt que de raconter les événements, on mesure et compare l’amplitude des mouvements, en pourcentage. C’est là que se lisent le risque réel et le potentiel de rebond.
Pourquoi raisonner en pourcentage, et non en euros
Renault cote ≈ 27 €, Stellantis ≈ 4,80 €. À ces niveaux, 1 euro de variation vaut ≈ 4 % pour Renault mais ≈ 21 % pour Stellantis. Comparer les cours en valeur absolue n’a aucun sens : il faut normaliser (base 100, rendements en %) pour rendre les deux trajectoires comparables. C’est tout l’intérêt des « graphiques en pourcentage ».
Mesurer les « vagues » et leur amplitude
Une vague est un mouvement directionnel soutenu du cours. Mesurée en pourcentage, elle donne une lecture objective de la volatilité : Stellantis chute plus fort que Renault sur tous les indicateurs.

Corréler hausse et baisse : la qualité de la vague prime sur sa taille
L’intuition du retour à la moyenne voudrait que la baisse soit proportionnelle à la hausse. En réalité, c’est le caractère soutenable de la hausse qui compte : Renault est monté ≈ +210 % adossé à des résultats records (correction ensuite contenue), quand Stellantis est monté ≈ +108 % sur des marges au pic du cycle (réversion brutale de −82 %).

Une mesure quantitative : le bêta
La sensibilité au marché confirme cette lecture : bêta ≈ 0,81 pour Renault contre ≈ 0,99 pour Stellantis. Stellantis amplifie donc davantage les mouvements de marché. (Une mesure plus fine — volatilité réalisée — nécessiterait la série de cotation complète.)
Synthèse par l’amplitude
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Inversion des rôles. Historiquement le titre le plus « à problèmes » (−91 % en 2008, chocs Ghosn puis Covid), Renault est aujourd’hui le plus résilient des deux ; c’est Stellantis qui amplifie le plus les chocs.
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Amplitude = incertitude fondamentale. Stellantis cumule un choc exogène (tarifs) et endogène (électrique manqué, Amérique du Nord) ; Renault, mieux margé et peu exposé aux zones à risque, encaisse des vagues plus courtes.
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Amplitude = risque ET potentiel. Un titre tombé de −82 % offre un rebond potentiel plus élevé si le retournement se matérialise (Stellantis = pari « deep value », cible +45 %) ; Renault présente le profil le plus défensif (cible +30 %).
Conclusion
Fondamentalement, Renault a le dossier le plus sain (marges positives, bilan solide, dividende maintenu — perte 2025 surtout comptable) ; Stellantis est un pari de retournement, très décoté.
Techniquement, les deux restent sous pression et proches de leurs supports : prudence tant que 5,91 € et 29 € ne sont pas franchis.
En amplitude, Renault offre un profil mesuré et de qualité, Stellantis un pari à forte amplitude — plus risqué, mais au potentiel de rebond supérieur si le « reset » réussit.
DT Expert — Document pédagogique. Ne constitue pas un conseil en investissement. Niveaux techniques et amplitudes indicatifs, évolutifs avec le marché ; amplitudes fondées sur des repères de cours documentés aux dates clés.
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